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02/02/2013

Ronald n’est pas mon ami

Ça fait maintenant deux mois que j’ai commencé à avaler autre chose que du lait. Deux mois que, deux fois par jour, on m’installe sur une chaise haute, face à une assiette au contenu bizarre et d’un parent au sourire niais et qu’on me fourre une cuillère dans la bouche en attendant ma réaction.

Mes copains qui étaient déjà passés par là m’avaient briefé, donc j’ai tout bien fait comme dans le chapitre « Conseils pour une diversification relou » du Manuel du bébé farceur. J’ai recraché mes courgettes, j’ai fait des bulles avec la compote, j’ai verrouillé ma bouche, j’ai tourné la tête dans tous les sens en grognant, j’ai tapé à deux mains dans l’assiette, j’ai éjecté la cuillère sur la face des murs ou alors des fenêtres en bois, j’ai fait caca en mangeant, j’ai renversé mon bol et j’ai même réussi à tapisser les cheveux de ma reum de carottes (elle voulait voir si le roux lui irait bien, maintenant elle sait que non).

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Petit à petit, mes parents prévisibles ont eu les réactions décrites dans le manuel. Le sourire de début de repas est passé de niais à crispé, ils se sont mis à dire des trucs du genre « miam, c’est trop bon » ou « hmmm je rêverais d’en manger moi aussi » en me fourrant un truc dégueu dans la bouche et ma reum a même poussé le vice jusqu’à manger de la courgette devant moi. Oui, vous avez bien lu : MA REUM A MANGE DE LA COURGETTE. Vous auriez vu sa tête, on aurait dû la filmer à elle aussi, comme ils font à chaque fois qu’ils me font goûter une nouveauté.

 

J’ai essayé de résister, je le jure. Je me suis bien amusé à voir mes parents user de mille ruses pour me faire ouvrir la bouche (mon père avait lu que le mimétisme marchait bien alors il ouvrait la bouche en grand en espérant que je ferais de même. Il avait l’air fin, je vous laisse imaginer). Mais il faut bien se rendre à l’évidence, ils m’ont eu. J’ai été vaincu. J’ai dû rendre les armes.
Je suis au regret de vous annoncer que JE KIFFE MANGER.

J’aime tout. Les carottes, les pommes, le jambon, le poulet, les yaourts, les haricots verts (oui), le veau, les poires, le raisin, tout ce qu’on m’a donné jusqu’à maintenant me fait laisse à penser que la nourriture sera mon premier grand amour. J’aime tellement manger que quand j’entends le mixer, je commence à roucouler d’impatience. J’aime tellement manger que quand ça ne va pas assez vite entre deux bouchées, j’imite la voix de l’ours qui mue. J’aime tellement manger que quand c’est fini, je tape sur la tablette de la chaise haute pour avoir du rab. J’aime tellement manger que quand je vois mes parents manger, je tente des plongeons pour essayer de leur en piquer un peu.

Alors quand ils m’ont emmené à Mc Do, je vous dis pas dans quel état j’étais. Je ne dirais pas que je me suis fait pipi dessus, puisque c’est chose commune, mais, pour vous aider à situer, j’étais presque plus hystérique que le jour où j’ai réussi à arracher une touffe de cheveux à ma mère, après maintes tentatives loupées.
L’odeur du bon miam miam sain m’a immédiatement fait saliver quand on est entrés dans les restaurant. On a patienté un peu, juste assez pour que le filet de salive se transforme en torrent, puis mes parents m’ont installé dans une chaise haute à l’effigie de ce bon vieux Ronald et de ses amis.
Et là, alors que j’étais en train de me demander par quel bout j’allais attaquer les nuggets avec ma double quenotte et si le coca aurait des bulles, j’ai vu mes deux géniteurs déballer leurs sandwichs, ouvrir grand la bouche et mastiquer en faisant des haaa des hiiii et des hmmmmm trop bon.

EH OH LES VIEUX ?! Vous n’avez pas oublié quelqu’un, PAR HASARD ?

Manifestement, ma présence leur était sortie de l’esprit, il a donc fallu que je me fasse remarquer. J’ai donc hurlé, histoire de leur faire comprendre qu’une petite fritounette ne serait pas de refus et j’ai frétillé de la couche quand ils ont attaché le bavoir DIMANCHE autour de mon cou. J’avais gagné, j’allais goûter du manger de grand, celui qui me fait de l’œil depuis mon entrée dans la grotte.

Et puis ma reum a encore fouillé dans mon sac à langer et en a sorti une compote. Non mais UNE COMPOTE quoi !
Du coup j’ai vomi sur Ronald. Il ne sera pas dit que Le bébé du  blog se laisse faire sans lutter.

(lien hôte)

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